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Communiqué de la FNC au sujet de la peste porcine africaine

 

 

Jeudi 27 septembre 2018

Lettre ouverte aux chasseurs de France

 

Chers amis chasseurs de France,

 

Il y a maintenant quelques jours que la fièvre porcine africaine a fait son apparition en Belgique, à quelques kilomètres de la frontière française. L'arrivée possible, sur le sol français, d'une telle maladie est une épée de Damoclès pour la filière porcine et le monde agricole en général, mais aussi pour toute la chasse française !

 

Nous avions déjà un problème important à gérer avec une population de sangliers en constante augmentation au niveau national, mais aujourd'hui l'heure est bien plus grave !

Avec cette population de plus d'un million d'animaux, et une enveloppe de dégâts de plus de 60 millions d'euros, nous sommes dans une situation des plus délicates. Ne pas le reconnaître nous attribuerait une part de responsabilité importante vis à vis des éleveurs de porcs, mais aussi vis-à-vis de l'avenir de la chasse du grand gibier en France.

 

Je sais, comme je le dis régulièrement, que les reproches que nous essuyons à ce sujet ne sont pas à mettre entièrement à notre actif ! La complexité de chasser sur certains territoires, comme l'augmentation constante des zones non chassées, posent un certain nombre de problèmes récurrents pour de nombreux chasseurs français. Les reproches faciles de certains, sur notre soi-disant inefficacité dans la gestion de cette espèce, me laissent de marbre, tout comme vous ! Le temps n'est plus aujourd'hui au débat d'idées avec qui que ce soit, mais il est par contre urgent d'assumer pleinement notre rôle de sentinelle de la nature, comme celui d'acteur majeur des équilibres de la grande faune.

 

Si la majorité des chasseurs de sanglier ne se sentiront pas concernés, à juste titre, par mes propos, il y en a également d'autres qui vont devoir accepter une remise en cause de leur façon de chasser, pour ne pas porter sur leurs épaules la propagation de la maladie, qui entraînerait la disparition totale des sangliers du territoire national, comme c'est déjà le cas dans certaines régions de l'Est de l'Europe.

Évidemment nous allons appliquer les règles de biosécurité strictes dans tous les territoires, mais cela ne peut suffire !

 

Je vous rappelle que 85 % des dégâts en France, se concentrent sur seulement 15 % de nos communes. C'est donc là également que nous avons souvent de grosses concentrations de sangliers, très propices au développement de la maladie.

 

C'est pour toutes ces raisons que je demande aux chasseurs de France d'appliquer des prélèvements soutenus, là où il est urgent de le faire. Je n'ai pas besoin de montrer du doigt tel ou tel territoire, ou d'accuser tel ou tel responsable de chasse pour une gestion qui manque de flexibilité, mais chacun doit, en son âme et conscience, savoir ce qu'il doit faire. Dans certaines chasses, nous devrons tirer sans distinction d'âge, de sexe et de poids, et mettre un terme immédiatement à toutes les sanctions financières ou autres en cas d'erreurs de tir.

 

Nous devons fortement prélever cette année et l'année prochaine, Il y va cette fois ci de l'avenir de toute la chasse française !

Je sais que nous ne sommes pas responsables de l'arrivée de cette maladie, mais ne facilitons pas sa propagation par des populations de sangliers non maîtrisées.

 

Il reste par contre un dernier point, qui concerne l'agrainage ! Dans une telle situation de crise, il est primordial de maintenir un agrainage constant et nourri, pour éviter que les animaux ne soient tentés par de trop grands déplacements pour se nourrir, et également pour faciliter les prélèvements. J'insiste sur ce point, même s'il ne fera pas l'unanimité chez les représentants de l'Etat et du monde agricole, mais je ferai une démarche nationale en ce sens auprès du ministre de l'Agriculture.

 

Pour un président de FNC, je sais que le risque de voir arriver cette maladie représentera probablement la crise la plus difficile qu'il me faudra gérer. Je suis sûr aussi que chacun d'entre vous est parfaitement conscient de la gravité de la situation.

 

C'est donc ensemble, avec du bon sens et des efforts significatifs, que nous sauverons l'avenir de la chasse française ! Soyons unis et responsables collectivement.

Je sais que je peux compter sur vous pour relever ce nouveau défi !

 

Amitiés en St Hubert                                                                               Willy Schraen